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Musique et IA : la fin du flou ?

Musique et IA : la fin du flou ?


Longtemps, les plateformes de streaming ont préféré éviter le sujet. L’arrivée de la musique générée par intelligence artificielle soulevait trop de questions : à qui reviennent les droits ? Faut-il rémunérer une chanson créée par une machine ? Comment distinguer une œuvre assistée par IA d’une œuvre entièrement générée ?


Fin juin, TIDAL est devenu l’un des premiers grands acteurs du secteur à répondre publiquement.

Logo avec mot "TIDAL" écrit en blanc sur fond noir

Dans une nouvelle politique dédiée à l’IA, la plateforme annonce qu’elle continuera d’accepter la musique générée par intelligence artificielle, mais qu’elle ne versera plus de royalties aux morceaux créés à 100 % par une IA. Les titres concernés seront identifiés par un badge spécifique et les contenus frauduleux (usurpation d’identité, faux artistes ou manipulation des écoutes) seront supprimés.

 

Au-delà de la décision elle-même, c’est surtout ce qu’elle révèle qui est intéressant.

L’industrie commence à fixer ses règles

Pendant deux ans, le débat s’est résumé à une question : faut-il autoriser l’IA ?

 

En 2026, la question a changé. Toutes les grandes plateformes semblent désormais partir du principe que l’IA fera partie du paysage. L’enjeu n’est plus de l’interdire, mais de définir les règles du jeu.

Robot jouant sur le clavier d'un piano. La caméra zoom sur ses mains et les touches du clavier. Le fond est bleu.

Deezer fait figure de pionnier. La plateforme française détecte automatiquement les morceaux générés par IA, les étiquette, les retire de ses recommandations algorithmiques et estime que 44 % des nouveaux titres mis en ligne sont désormais générés par intelligence artificielle.

 

Spotify adopte une approche plus permissive. Les morceaux générés par IA restent autorisés et rémunérés, mais la plateforme renforce ses dispositifs contre les clones vocaux, le spam et les écoutes artificielles. De son côté, Apple Music mise sur la transparence en demandant aux labels et distributeurs de déclarer l’utilisation de l’IA via de nouvelles métadonnées dédiées. Même logique chez YouTube, qui déploie progressivement un système de détection et d’étiquetage automatique des contenus générés par intelligence artificielle.

Deux tablettes posées avec leurs stylets sur une table. Une noire et une blanche. Les écrans sont allumés et l'application "Spotify" est ouvert sur les deux écrans.

Autrement dit, les stratégies diffèrent, mais la direction est la même : transparence, traçabilité et lutte contre la fraude.

Un baromètre de l’industrie créative

Ce mouvement dépasse largement la musique.

 

YouTube applique désormais des labels automatiques aux vidéos générées par IA. Audible ouvre la narration assistée par intelligence artificielle aux éditeurs indépendants. En Europe, l’AI Act imposera dès cet été de nouvelles obligations de transparence pour certains contenus générés par IA.

Photographie du batiment de la Commission européenne en Belgique à Bruxelles. Le ciel est ensoleillé sans nuage.

Le débat est donc en train de changer de nature. Il ne s’agit plus de savoir si l’intelligence artificielle a sa place dans les industries créatives. Les principaux acteurs semblent avoir déjà répondu à cette question.

 

Le véritable enjeu devient désormais beaucoup plus concret : comment informer les utilisateurs, protéger les créateurs et garantir une rémunération équitable lorsque l’IA fait partie du processus de création ?

 

En ce sens, la politique annoncée par TIDAL est peut-être moins une exception qu’un signal. Celui d’une industrie qui quitte progressivement la phase de sidération pour entrer dans celle de la gouvernance.

Sources : TIDAL AI Policy, The Verge, TechCrunch, Deezer Newsroom, Music Business Worldwide, Commission européenne

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